Historique du scoutisme marin

 

 

"La formation du caractère par le scoutisme est excellente,
mais quand elle se renforce de la pratique de la mer,
je ne crois pas qu'il n'y ait rien qui puisse lui être comparé,
à condition que marin reste toujours l'adjectif et scout le nom."

R.P. Sevin, l'un des fondateurs du scoutisme en France (années 20)

 

 

Le scoutisme marin est aussi ancien que le scoutisme lui-même.

Dans ses souvenirs de jeunesse, Baden-Powell raconte les aventures qu'il vécut avec ses quatre frères à bord d'un cotre de dix tonneaux: ils faisaient même exprès de sortir les jours de tempête dans l'espoir de faire fortune en ramenant un navire en détresse! Baden-Powell chargea en 1911 un de ses frères des "Sea Scouts" qui prirent rapidement une grande extension en Angleterre.

 

En France, la création de la première unité marine remonte à 1923.
Avec l'appui de la Marine Nationale, le scoutisme marin se développa jusqu'à compter une cinquantaine de troupes dans les années 1950. On naviguait alors sur des canots en bois, gréés avec deux voiles au tiers, dont la manœuvre délicate exigeait une bonne cohésion de l'équipage. En 1937, fut publiée la première édition de "Embarque... garçons", manuel technique qui connut un grand succès, bien au delà du scoutisme marin car il était alors unique en son genre.

 

La création des Mousses en 1954

a marqué une importante étape en partageant en deux les troupes marines : d'un côté les Mousses (12-14 ans), de l'autre les Marins (14-17 ans).
Dix ans plus tard, l'ensemble des Scouts de France adoptait à son tour ces deux tranches d'âge en créant les Scouts (Rangers à l'époque) et les Pionniers. 

Un premier camp national, "ApolloMousse", regroupa les équipages mousses dans la rade de Brest en 1961.

Les années 1965 et 1966 ont connu deux tragédies: un naufrage en baie de Quiberon et un autre sur le lac d'Hourtin. Le règlement de sécurité et les brevets de patrons qui sont actuellement exigés ont été institués après ces accidents.
Le même souci de sécurité a conduit à faire dessiner des bateaux mieux adaptés au scoutisme marin. Pour les mousses, ce furent le "Super Raid", la "Fleur de Lys" et le "Jaja", utilisables à la voile et à l'aviron; et pour les Marins, l'"Etrave 24", un croiseur côtier à 6 couchettes.

 

Aujourd'hui, les scouts marins continuent d'occuper une place importante et originale dans l'association. Plus d'une trentaine de groupes se répartissent sur le littoral aussi bien qu'à l'intérieur des terres.

Les scouts marins effectuent chaque année des dizaines de milliers de journées-mer.

 


Soucieux de laisser aux équipages de jeunes une large autonomie pour respecter l'un des ressorts essentiels du scoutisme tout en garantissant leur sécurité, le Mouvement a défini trois types de conditions:

  1. limitation des zones de navigation en fonction de l'âge des participants

  2. contrôle de la compétence technique de l'encadrement

  3. respect de la réglementation de sécurité imposée par les textes officiels et l'Equipe Nationale Marine

Durant l'été 1998, 3 jeunes membres d'une association se réclamant du scoutisme marin (mais sans aucune relation avec la nôtre, et aux méthodes et objectifs bien différents) décèdent au large de Perros Guirec. Cet accident cause également la mort d'un plaisancier venu à leur secours. Cet évènement créant une émotion bien compréhensible dans l'opinion, les pouvoirs publics s'entourent de garanties pour que les conditions de sécurité soient optimales pour les activités nautiques. Il s'ensuit un durcissement de l'interprétation des textes réglementaires (notamment au niveau des brevets officiels requis pour encadrer des jeunes sur l'eau). Ce n'est qu'en 2003, après un long travail de remise à plat et surtout d'explication, que la Fédération du Scoutisme Français réussit à nouveau à faire homologuer le Brevet de Patron d'Embarcation qui permet à nos bénévoles d'encadrer ces activités.